L'entraînement en tir couché.
Il va consister dans un premier temps à acquérir le « foncier », à savoir la capacité à tenir la durée d'un match en position sans trop souffrir. Il faut en général une dizaine de séances en début de saison ou un peu moins si vous êtes un « vieux tireur » de couché. Une fois vous être affranchi de ce genre de contingence, vous pourrez passer à un vrai travail sur votre position. Comme nous l'avons vu, la régularité de la position est indispensable. J'ai pour ma part souvent pratiqué un exercice simple : on tire une cartouche, on se relève, on se ré-installe et, une fois la position reprise, on tire une nouvelle cartouche, etc... Si la position est régulière, le groupement n'est pas dégradé par l'exercice. C'est très économique en cartouche, cela vous permet de vous relever en match en toute tranquillité si nécessaire, et cela améliore la « finesse » de votre position et la connaissance que vous en avez. Dans ce même domaine, il faut également se préoccuper lors de l'entraînement des symptomes de dégradations de votre position : réaction de l'arme qui évolue, placement de l'arme par rapport à la cible qui glisse progressivement. Ils doivent agir comme des signaux d'alarme.
Dans votre entraînement en couché, la recherche de la régularité dans la réaction de votre arme doit être votre fil conducteur. Hormis dans la phase du travail foncier, la quantité dans votre entraînement n'apporte rien si la qualité ne suit pas, au contraire même. L'entraînement sur la visée et sur le lâcher reste basé sur les mêmes exercices que pour le tir debout.
Un point particulier du couché tient dans le score réalisable. Il faut savoir s'habituer à enchaîner un grand nombre de dix sans se dire j'ai fait X dix d'affilée. La technique mentale qui consiste à fractionner son match en 60 matchs d'une cartouche fonctionne alors à merveille. Dans le but d'intégrer l'éventualité de la performance, l'entraînement servira aussi à se prouver ses propres capacités. On utilisera dans les derniers entraînements des munitions de compétitions pour pouvoir faire quelques belles « pastilles » sur le dix. Cela aura aussi l'avantage de s'habituer à la réaction générée par la munition que l'on va utiliser lors de la compétition.
Un autre élément à prendre en compte dans l'entraînement tient dans la cadence de tir. En effet, il est intéressant de pouvoir tirer lentement sans s'impatienter (si le vent est changeant) et d'être tout autant capable d'envoyer cinq cartouches en deux minutes si les conditions aérologiques sont favorables. Ces cadences de tir se travaillent aussi à l'entraînement.
Le lieu de l'entraînement est aussi un élément à prendre en compte. En effet, nos installations sont des stands intérieurs. Cela permet de se mettre dans les meilleures conditions (chaleur, absence de vent, lumière stable). Ainsi le tireur n'a plus l'excuse d'un coup de vent assassin pour expliquer son neuf. Il a une analyse plus fine de ses erreurs. Le stand « classique » est intéressant en deuxième partie de saison pour se préparer aux exigences du monde extérieur (vent, lumière, froid,...).
Milouze